Projet de plantation d’arbres à Kalenge en Tanzanie

Le Jane Goodall Institute soutient le travail du projet TACARE avec le « Msitu Certificate ». « Msitu » signifie « forêt » en swahili. Avec les recettes du certificat Msitu, la population locale du village de Kalenge en Tanzanie peut planter des pousses d’arbres. Le village de Kalenge est situé dans la région de Kigoma, la plus pauvre des 26 régions administratives de la Tanzanie. Au fil des ans, diverses pépinières dans le village de Kalenge ont été créées et gérées, la réserve forestière de village devenant une partie intégrante de la zone de liaison entre Gombe et Masito-Ugalla.

Chaque arbre planté contribue directement ou indirectement à la préservation des forêts africaines et à l’amélioration des conditions économiques des habitants de la Tanzanie.

Ce qui advient finalement à un arbre planté dépend de son espèce. Les résidents locaux peuvent, par exemple, planter des arbres qui seront utilisés par la suite comme bois de chauffage, comme arbres fruitiers, ou encore comme palmiers pour la production d’huile ou pour prévenir l’érosion. De cette manière, la population locale n’a plus besoin de recourir à la forêt tropicale humide pour ses matières premières.

Carte du village de Kalenge

Des réfugiés de la République Démocratique du Congo à Kigoma.

Au fil des ans, cinq pépinières ont été créées et gérées dans le village de Kalenge, la réserve forestière de village devenant partie intégrante d’une zone de liaison entre Gombe et Masito-Ugalla. Avec le niveau de déforestation actuel, il y a une pénurie de bois et de produits dérivés dans le village. Les pépinières de Kalenge constituent une source alternative de bois de chauffage et contribuent ainsi à la restauration des réserves. La région de Kigoma abrite de nombreux trésors écologiques Le village de Kalenge est situé dans la région de Kigoma, la plus pauvre des 26 régions administratives de la Tanzanie. Le groupe ethnique et linguistique le plus important de la région de Kigoma est celui des Ha. Les Ha parlent le bantou, une combinaison de kiha et de kiswahili, et appartiennent à la famille ethnolinguistique des Bantous interlacustres qui vivent dans l’ouest de la Tanzanie, à la frontière du lac Tanganyika. Leur terre, qu’ils appellent Buha, est caractérisée par des prairies et des forêts ouvertes de Miombo. L’économie ha dépend essentiellement de l’agriculture, le sorgho, le mil, le maïs, le manioc, l’igname, l’arachide (cacahuète) constituant les principales cultures. Au cours des dernières décennies, l’afflux régulier de réfugiés du Burundi et du Congo dans la région de Kigoma, associé à un taux de natalité élevé, a entraîné une densité de population exceptionnellement élevée. La demande accrue de charbon de bois, de bois de chauffage, de nourriture et de terres agricoles n’est que l’une des causes de la déforestation accélérée, de l’érosion des sols et de la détérioration de la région. L’épuisement des ressources en bois est un problème courant dans les pays de l’Afrique de l’Est, car les habitants sont fortement dépendants du bois de chauffe.

En 1994, l’Institut Jane Goodall a donc mis en place le projet TACARE (projet de Reboisement et éducation du bassin du lac Tanganyika) avec l’aide financière de l’Union européenne dans la région de Kigoma en Tanzanie. Le programme vise à lutter contre la pauvreté et à soutenir des moyens de subsistance durables dans les villages situés le long des rives du lac Tanganyika et de Gombe, tout en luttant contre la dégradation rapide des ressources, en particulier dans la forêt indigène restante. Le programme est axé sur le développement communautaire et propose une formation et un enseignement dans le domaine de la gestion durable des ressources naturelles.

Carte de la Tanzanie, indiquant la zone dans laquelle le projet TACARE est implémenté

Les premiers pas vers la reforestation dans le village de Kalenge.

En 2002, la zone du projet a été étendue à 200 km², une région désormais connue sous le nom d’écosystème du Grand Gombe (GEB), avec 24 villages. Le service forestier TACARE est composé de responsables de pépinières locales qui cultivent des plants destinés au reboisement et, plus important encore, de Forest Monitors (surveillants forestiers). Les surveillants forestiers vérifient les activités de brûlage, d’exploitation forestière et de chasse dans les réserves forestières du village et d’autres forêts. En outre, les villageois peuvent participer à des cours de formation à la récolte durable de produits forestiers (et produits connexes), tels que les plantes médicinales et l’apiculture durable.

Le lac Tanganyika compte près de trois cents espèces de poissons que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Et les forêts et les terres forestières de Kigoma abritent une diversité d’espèces animales et de plantes, telles que le Pangolin écailleux, le Muninga, le Serval et le chimpanzé. Leur nombre diminue en raison de la perte constante d’habitat et du braconnage.

L’administration du district, en collaboration avec le Jane Goodall Institute, a aidé les villages à planifier de meilleures ressources en matière d’utilisation des terres dans le cadre du processus de politique spatiale. De nombreux agriculteurs se sont rendus compte que les arbres constituaient un investissement susceptible d’accroître les revenus pour couvrir les coûts des ménages et ceux du développement des villages. Les parcelles forestières aménagées avec le produit des certificats Msitu ont incité de nombreux agriculteurs de villages tels que Kalenge à commencer à travailler avec des arbres.

Monsieur Wilson Nyamayingwe, propriétaire d’une pépinière privée, en est un bon exemple. Lors de la dernière saison des pluies, il a décidé de créer une pépinière, permettant ainsi à une partie des pousses de sa pépinière d’être distribués et plantés dans des mini-plantations de 2 hectares. Les 3 695 pousses d’arbres restants ont été vendus à d’autres villageois, ce qui lui a permis de gagner un revenu supplémentaire pour sa famille. Les activités du fonds « Msitu Certificate » ont ouvert de nombreux agriculteurs et les ont incités à s’engager dans la plantation d’arbres.

Une pépinière dans le jardin, aménagée par William Nyamayingwe à Kalenge.