À des milliers de kilomètres de Madrid, dans les forêts du Congo, Rebeca Atencia œuvre depuis plus de deux décennies à la protection des chimpanzés et des écosystèmes dont ils dépendent. Ce travail de terrain a été récompensé ce lundi 15 juin lors de la cinquième édition des Prix Animal’s Health.
Professionnels, institutions et universitaires se sont retrouvés lors d’une soirée de rencontre et de reconnaissance qui a mis en valeur le travail de ceux qui contribuent au progrès de la médecine vétérinaire, de la santé animale et de la santé publique en Espagne.
Rebeca Atencia, directrice de l’Institut Jane Goodall au Congo et directrice vétérinaire du Centre de réhabilitation des chimpanzés de Tchimpounga, a reçu le Prix Animal’s Health de la durabilité.


La reconnaissance du travail scientifique et vétérinaire
Une reconnaissance méritée pour cette vétérinaire qui incarne l’héritage de Jane Goodall. Et qui, comme Jane le faisait, se bat pour la protection des grands singes et œuvre en faveur d’une relation plus responsable entre les êtres humains et la nature.
Après le décès de Jane Goodall le 1er octobre 2025, le travail mené sur le terrain par l’ensemble des collaborateurs du Jane Goodall Institute continue avec détermination et professionnalisme. Rebeca Atencia perpétue cette vision, en alliant science, conservation, bien-être animal et engagement auprès des communautés locales.
L’action du Jane Goodall Institute ne se limite pas aux chimpanzés. Son modèle holistique part du postulat que la protection de la biodiversité doit aller de pair avec le développement des personnes qui vivent au sein de ces écosystèmes.
L’importance de cet héritage a pris une telle ampleur que le gouvernement espagnol a décidé de rendre hommage à Jane Goodall en donnant son nom à la future « loi Jane Goodall », une législation pionnière destinée à protéger la dignité, la liberté et le bien-être des grands singes.
Aujourd’hui, c’est Rebeca Atencia dont le travail, le professionnalisme et l’engagement sont salués. Par ses pairs, par la communauté internationale et par l’ensemble du réseau du Jane Goodall Institute dans le monde.
La reconnaissance du travail holistique
En recevant son prix, Atencia a rappelé qu’elle était arrivée au Congo il y a plus de deux décennies pour réaliser un rêve d’enfance. « En tant que vétérinaire, c’était mon rêve de petite fille que de sauver des chimpanzés au cœur de la jungle », a-t-elle déclaré. Au fil des années, a-t-elle expliqué, elle a fait la connaissance de nombreux chimpanzés et tissé des liens avec eux, ce qui lui a permis de découvrir à la fois la beauté de la jungle et son immense fragilité.
« J’ai eu la chance de rencontrer de nombreux chimpanzés, voire de nouer des liens d’amitié avec eux, qui m’ont appris à quel point la jungle est belle, à quel point les arbres et les autres animaux qui y vivent sont magnifiques », a-t-elle raconté.
Rebeca a également rappelé que les écosystèmes africains sont menacés par la chasse, la destruction des forêts et une exploitation des ressources dont les conséquences dépassent les frontières du Congo.
Cette réalité a rendu si importante son action de s’engager également dans la protection de l’environnement et le soutien aux populations qui cohabitent avec la faune sauvage. Elle a mis l’accent sur la capacité de l’être humain à la fois à détruire et à restaurer les écosystèmes. « Tout dépend de nous, les humains. Tout comme nous détruisons, nous reconstruisons, et c’est ce qui est incroyable chez l’être humain. »
Parmi les actions individuelles, elle a mentionné la lutte contre les monocultures de palme à huile, le fait d’éviter les produits contenant cet ingrédient ou de privilégier le bois issu de ressources durables.
« Ce sont ces petits gestes qui peuvent sauver les chimpanzés au Congo », a-t-elle expliqué avant de résumer le message central de son intervention :
« Je suis partie au Congo pour sauver les chimpanzés, mais en réalité, on peut les sauver depuis n’importe quel endroit de cette planète. »
Rebeca Atencia a conclu son discours en dédiant son prix à sa mère, présente lors de la cérémonie, qu’elle a remerciée d’avoir soutenu ses rêves depuis son enfance et d’avoir toujours cru en elle.
Félicitations à elle et à toute son équipe pour son travail, leur travail sur le terrain.

Le Jane Goodall Institute n’approuve pas la manipulation, l’interaction ou la proximité avec des chimpanzés ou d’autres animaux sauvages.
Pour plus d’informations en Espagnol :
https://www.animalshealth.es/profesionales/rebeca-atencia-premio-sostenibilidad-yo-me-fui-congo-salvar-chimpances-pero-realmente-pueden-salvar-desde-cualquier-punto-planeta
Les photographies de la cérémonie sont issues de cet article et nous sommes désolés de ne pouvoir créditer la ou le photographe qui n’est pas mentionné.