Le plaidoyer, cela sert vraiment ? 
Toutes ces conférences internationales sont-elles vraiment utiles ? 

Nous sommes nombreux à nous poser la question. 
A ressentir parfois une certaine lassitude.
Et pourtant, ces lieux de rencontres, d’échanges peuvent devenir des moments-clés où les mots, les lois, permettront d’agir sur le terrain avec éthique et efficacité. 

Prenons l’exemple des 2 COPS qui vont ouvrir. 
Que peut-on en attendre ? 
Et la COP contre la criminalité transnationale … Un « machin » de plus ?

Deux COPs vont ouvrir, que peut-on en attendre ?

La COP17 sur la biodiversité a lieu du 19 au 30 octobre à Erevan, en Arménie.
La COP31 sur le climat se tiendra quant à elle du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie.

La Convention sur la diversité biologique a été ratifiée par 195 pays, plus l’Union européenne, mais pas les États-Unis ni le Vatican. Cette année, les pays évalueront pour la première fois les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité. C’est-à-dire protéger les écosystèmes, à restaurer la nature et à s’attaquer aux causes de son déclin. Il vise notamment à protéger 30 % des terres et des mers de la planète d’ici à 2030.

Un rapport publié cette semaine par l’ONU (intitulé State of Biodiversity Action) démontre clairement qu’il existe un fossé entre l’ambition et l’action. Publié il y a quelques jours, il énonce que si près de 90 % des pays ont fixé des objectifs nationaux, les progrès restent insuffisants pour respecter les engagements mondiaux. Selon les engagements actuellement pris, seuls 26 % des écosystèmes terrestres et 12 % des écosystèmes marins seraient protégés à cette échéance, loin de l’objectif dit « 30×30 », convenu par les pays à Montréal

La crise de la biodiversité s’inscrit dans une triple crise planétaire, aux côtés du changement climatique et de la pollution. À quatre ans de l’échéance de 2030, le monde reste loin du compte pour enrayer la destruction de la nature. Selon un nouveau rapport de l’ONU, moins de la moitié des objectifs nationaux en matière de biodiversité sont en bonne voie.

Cette COP Biodiversité et la COP Climat qui suivra sont 2 conférences distinctes et indépendantes les unes des autres, mais leurs objectifs sont étroitement liés. Le changement climatique entraîne en effet le déclin de la biodiversité.

Les habitats, les écosystèmes et les schémas migratoires des espèces sont tous affectés par la hausse des températures et par des phénomènes météorologiques plus extrêmes. Or, la biodiversité est essentielle pour limiter les effets du changement climatique. Les terres et les océans agissent comme des puits de carbone naturels, absorbant la moitié des émissions générées par les activités humaines. Les forêts, les mangroves et les zones humides y contribuent toutes. La préservation de ces espaces est considérée comme un levier indispensable pour réduire d’un tiers les émissions de gaz à effet de serre au cours de la prochaine décennie.

La COP31 dite « COP de l’avenir » 

Du 9 au 20 novembre 2026 se tiendra à Antalya la 31ème COP, au terme d’une année qui a battu de nouveaux records de chaleur et vu les catastrophes climatiques se multiplier.

Cette année, pour la première fois, les responsabilités liées au sommet seront partagées entre la Turquie et l’Australie. La Turquie accueillera la conférence et prendra en charge la logistique. L’Australie définira l’ordre du jour et orientera les négociations, en partenariat avec les Etats  insulaires du Pacifique, parmi les plus menacés par la montée et le réchauffement des océans.

Présentée comme la « COP de l’avenir », la COP31 abritera des négociations sur l’adaptation aux impacts climatiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le financement climatique en faveur des pays en développement, ainsi qu’une transition juste pour les travailleurs et les communautés.

Plus que jamais nous avons besoin de ces réunions internationales. 
La conférence de Vienne qui vient de s’achever en est le parfait exemple !

Lors de la 13ᵉ Conférence des Parties à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée du 19 au 23 octobre, les États viennent de décider, par 83 voix pour, 12 contre et 27 abstentions, d’ouvrir des négociations en vue de l’adoption d’un nouveau protocole international consacré aux crimes qui affectent l’environnement.

C’est une décision historique qui marque une étape importante après plusieurs années de mobilisation. Le futur protocole devrait couvrir trois grandes catégories de criminalité environnementale : le trafic illégal d’espèces sauvages, animales et végétales, y compris le bois et ses produits dérivés ; l’exploitation minière illégale et le trafic de minerais et de métaux précieux ; et le trafic illicite de déchets.

Et cela va changer les choses, concrètement, comme le souligne Maud Lelièvre, Présidente de l’UICN France et VP de l’UICN Monde, et VP du JGI France : « Aujourd’hui, ces trafics sont souvent organisés par des réseaux criminels transnationaux, alors que les législations et les moyens de lutte restent très inégaux selon les pays, c’était d’ailleurs l’objet d’une partie de nos recommandations sur le trafic publiées en 2023. L’objectif de ce futur protocole international est de renforcer le cadre juridique international, de mieux définir et sanctionner ces infractions, de faciliter les enquêtes et les poursuites et de renforcer la coopération entre les États. ».

Cette avancée est également le fruit d’une mobilisation engagée depuis 2020, notamment à travers la Global Initiative to End Wildlife Crime, soutenue dès ses débuts par la Commission mondiale du droit de l’environnement de l’UICN (WCEL). Plusieurs experts de notre Union ont directement contribué à cette dynamique et seront mobilisés pour accompagner les négociations à venir.

L’enjeu sera désormais de parvenir à un texte suffisamment ambitieux et opérationnel pour apporter de véritables réponses à ces trafics, en s’appuyant notamment sur les connaissances scientifiques et l’expertise juridique de notre réseau.

Le Jane Goodall Institute est présent dans chacune de ces réunions où les discussions impactent notre avenir. Car les lois sont l’un des moyens importants de mettre nos valeurs en adéquation avec les lois qui nous gouvernent. Et il nous semble important que nos messages, que les valeurs de l’Institut et de Jane Goodall soient entendus. 



Merci à Maud Lelievre, Zara Bending, Bella Lam, Susana Pataro, Galitt Kenan, Roxane Batt et tant d’autres qui au sein du Jane Goodall Institute font bouger les lignes, avec détermination et efficacité. Toute la famille du JGI est avec vous, derrière vous 💚