La présence accrue de chimpanzés à proximité des vergers de manguiers met en évidence des risques croissants de conflits, ce qui incite le Jane Goodall Institute à mener des actions ciblées de mobilisation communautaire, de surveillance en temps réel et de restauration de l’habitat

En mai 2026, Dindefelo est en pleine saison des mangues, une période d’abondance remarquable due à la fructification généralisée des manguiers. Les mangues constituent à la fois un aliment de base et une source de revenus essentielle pour les ménages locaux, ce qui les rend indispensables à la subsistance à cette période de l’année. Ces dernières années, on a observé des chimpanzés plus fréquemment à proximité des zones influencées par l’homme, en particulier dans les zones où sont cultivés des arbres fruitiers tels que les vergers de manguiers et à proximité immédiate des établissements humains, comme le documentent Dotras et al. (2024). La disponibilité des mangues constitue une source de nourriture fiable et accessible qui attire la faune sauvage, en particulier les primates non humains.

Plusieurs facteurs sont susceptibles d’être à l’origine de ce changement. Les variations dans la disponibilité de la nourriture sauvage (actuellement étudiées par le biais d’un suivi phénologique) et l’abondance des fruits cultivés jouent un rôle. Les feux de brousse intenses dans les zones environnantes peuvent également affecter l’habitat et influencer les déplacements des chimpanzés.

Le nombre croissant de rencontres entre les humains et les chimpanzés autour des vergers de manguiers suscite des inquiétudes quant à un risque de conflit. Les vergers de manguiers constituent une ressource essentielle pour les communautés locales, tant sur le plan économique que nutritionnel, et l’augmentation de la consommation de ces cultures par les chimpanzés peut créer des tensions. De plus, la proximité accrue entre les humains et les chimpanzés comporte des risques pour les deux parties, notamment la possibilité de blessures ou de transmission de maladies.

La gestion de cette situation est une priorité essentielle pour le Jane Goodall Institute dans la région. Notre approche combine plusieurs actions coordonnées. Nous menons des campagnes de sensibilisation en porte-à-porte visant à impliquer et à informer les communautés locales sur les stratégies de coexistence et la réduction des risques, ce qui nous permet également de mieux comprendre et détecter les changements potentiels dans les perceptions des communautés locales. Parallèlement, nous surveillons les visites des chimpanzés dans les vergers de manguiers à l’aide de pièges photographiques et d’un tableau de bord ArcGIS Online, ce qui nous permet de comprendre les schémas de comportement et d’intervenir plus efficacement.

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De plus, notre travail de conservation plus large comprend la prévention des incendies grâce à la création de pare-feu et à la sensibilisation des communautés, ainsi que des projets de restauration de l’habitat, qui apportent des bénéfices à moyen et long terme pour les chimpanzés et l’écosystème.

En associant l’engagement communautaire, la surveillance technologique ainsi que la recherche et la restauration écologiques, nous visons à réduire les conflits, à soutenir les moyens de subsistance locaux et à contribuer à la conservation à long terme des chimpanzés de l’Ouest, une espèce en danger critique d’extinction, à Dindefelo.

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