Hommage à Jane Goodall à VetAgro Sup : repenser notre rapport au vivant
Vendredi 30 janvier 2026, VetAgro Sup (le campus de l’école vétérinaire de Lyon), l’École Nationale des Services Vétérinaires et France Vétérinaire International, ont accueilli une journée d’hommage à Jane Goodall. Cette journée a réuni chercheur·euses, juristes, vétérinaires et étudiant·es autour d’un thème cher à Jane : la place de la faune sauvage et notre responsabilité collective à son égard.
Jane Goodall : science, engagement et espoir
La matinée a débuté par une présentation du Jane Goodall Institute France consacrée à Jane Goodall, son parcours et son engagement.
Des premières observations révolutionnaires menées dans la forêt de Gombe, où Jane a profondément transformé notre compréhension des chimpanzés et du vivant, jusqu’à son rôle d’activiste internationale, cette intervention est revenue sur plus de 60 ans d’engagement au service des animaux, des humains et de la planète.
La création du Jane Goodall Institute, puis du programme Roots & Shoots, aujourd’hui actif dans plus de 75 pays et mobilisant plus de 1,7 million de jeunes à travers le monde, illustre cette conviction profonde : le changement passe par l’éducation, l’action locale et l’espoir.
Comme cela a été rappelé au cours de la journée, « Jane a, bien avant l’heure, incarné une vision One Health », reliant intimement santé humaine, animale et environnementale.


Table ronde – La place de la faune sauvage : statut juridique et rapport au vivant
Des échanges riches sur les incohérences de notre droit et de nos représentations ont pris place lors de la table ronde consacrée au statut juridique de la faune sauvage.
Animée par Amandine Rave, elle a réuni : Fabienne Delfour, enseignante-chercheuse en éthologie (ENVT), Laure Gisie, juriste à l’ASPAS, Sophie Hild, directrice de la Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA), et Hugo Menotti-Valloir, responsable des affaires publiques et juridiques à l’European Institute for Animal Law and Policy.
Les intervenant·es ont mis en lumière l’absurdité de certains statuts juridiques, variables selon l’usage humain d’un même animal : à l’image du lapin, tantôt protégé, tantôt nuisible, ou encore l’absence de réelle protection pénale pour des animaux sauvages victimes de mauvais traitements.
Les échanges ont également porté sur les ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts), les conflits d’usages, la polarisation croissante des débats autour de la faune sauvage, mais aussi sur la nécessité d’intégrer pleinement la notion de sensibilité animale dans le droit.
Fabienne Delfour a rappelé les enjeux spécifiques liés aux mammifères marins, aux aires marines protégées et aux impacts des activités humaines, tandis que plusieurs intervenant·es ont souligné l’urgence de repenser notre vision du vivant, au-delà d’une approche strictement utilitariste.
Le DESPAD choisit Jane Goodall comme marraine
Cette journée a également été l’occasion de mettre à l’honneur le DESPAD : Diplôme d’Établissement Sciences, Protection Animale et Droit, dirigé par Nathalie Sanerot, lauréate du Prix du Jeune Chercheur 2024.
Le DESPAD a choisi Jane Goodall comme marraine de la promotion 2025–2026.
Ce choix fort fait profondément écho à la vision portée par Jane depuis plus de six décennies : une approche décloisonnée du vivant, croisant science, éthique, droit et engagement de terrain, et reconnaissant les animaux comme des êtres sensibles à part entière.
En rendant honneur à Jane Goodall, le DESPAD affirme sa volonté de former des professionnel·les capables de faire évoluer les cadres juridiques et sociétaux, et de contribuer concrètement à une meilleure protection des animaux et des écosystèmes.
Cohabiter avec les grands prédateurs : enjeux écologiques et humains
L’après-midi s’est ouverte avec l’intervention de Véronique Luddeni, consacrée à la cohabitation avec les grands prédateurs en France, notamment le loup.
En retraçant l’histoire de la disparition puis du retour progressif du loup, de l’ours et du lynx, elle a rappelé leur rôle fondamental dans la régulation des écosystèmes, la dynamique des populations de proies et la limitation des maladies.
L’exemple emblématique de Yellowstone a illustré combien la présence d’un grand prédateur modifie non seulement les effectifs, mais aussi les comportements des espèces.
La conférence a également abordé les réalités de terrain : moyens de protection des troupeaux, impacts psychologiques pour les éleveurs, décisions politiques récentes : comme le déclassement du loup au niveau européen, et limites des réponses fondées uniquement sur l’abattage, qui peut désorganiser les meutes et aggraver les conflits.
Véronique Luddeni a enfin insisté sur le rôle clé que peuvent jouer les vétérinaires dans la défense de la biodiversité et de la faune sauvage, un message en parfaite résonance avec l’héritage de Jane Goodall.
Faune aquatique et activités humaines : quelles prises en charge ?
La dernière conférence, proposée par Estelle Rousselet, spécialiste en médecine zoologique, a porté sur les interactions entre faune aquatique libre et activités humaines.
À travers l’exemple des tortues marines, réhabilitables en centre de soins, et des cétacés, qui ne le sont pas, elle a détaillé les principales menaces d’origine anthropique : collisions, enchevêtrements, pollution chimique et plastique, changement climatique et maladies comme la fibropapillomatose.

Cette intervention a rappelé combien la pression humaine sur les milieux marins impacte directement la santé et la survie des espèces, et combien la prévention reste essentielle.
Planter l’espoir : l’Arbre de l’Espoir sur le campus de VetAgroSup
La journée s’est terminée par un moment porteur de symbole avec la plantation de l’Arbre de l’Espoir, en l’honneur de Jane Goodall, sur le campus de VetAgro Sup.
Cet arbre rejoint la grande Vague d’Espoir qui se déploie partout en France : plantations d’arbres, inaugurations de rues Jane Goodall à Strasbourg, Montpellier, Toulouse, et bientôt à Paris, où la Maison de l’Animal en Ville – Jane Goodall portera officiellement le nom de notre fondatrice, accompagnée de la plantation d’un Olivier de l’Espoir.

Le Jane Goodall Institute France adresse ses plus sincères félicitations à la promotion DESPAD 2025–2026 « Jane Goodall ».
À travers leurs parcours, leurs recherches et leurs actions futures, ces étudiant·es contribueront à améliorer la vie des humains, des animaux et de l’environnement, dans l’esprit d’interconnexion cher à Jane.
Le Jane Goodall Institute France remercie chaleureusement l’École Nationale des Services Vétérinaires, France Vétérinaire International et VetAgro Sup pour cet hommage rendu à Jane et pour leur engagement en faveur du vivant.
Un immense merci également à Nathalie Sanerot, Marie-Laure, Laurie, Sika, et toute l’équipe pour l’organisation de cette belle journée, leur efficacité et leur bienveillance.
