Depuis le XVe siècle, un peuple du Rajasthan démontre qu’il est possible de vivre en harmonie avec la nature, au point d’être prêt à mourir pour protéger un animal ou un arbre : les Bishnoïs.
En 1485, dans le désert du Thar, la région traverse une sécheresse extrême depuis dix ans. Plus d’eau, presque plus de cultures, presque plus de bétail. Pour survivre, beaucoup abattent les derniers arbres, chassent les derniers animaux et vendent le bois pour acheter un peu de nourriture. C’est un effondrement écologique et humain.
C’est dans ce contexte qu’un homme de 34 ans, Jambeshwar, prend la parole. Lui qui était jusque-là très discret comprend une chose simple : si chacun continue à prendre ce qu’il peut sans limite, il ne restera bientôt plus rien. Deux options existent alors : partir, ou rester en changeant radicalement de mode de vie.
Jambeshwar propose une troisième voie : reconstruire la société sur l’équilibre entre les humains, les animaux et les végétaux. Il énonce 29 règles. Ce sera la naissance de la communauté bishnoï.
Parmi ces règles, deux sont fondatrices
La première : ne plus manger de viande et protéger les animaux, jusqu’au sacrifice si nécessaire. Avec le temps, la faune s’est sentie en sécurité au sein des villages bishnoïs. Il n’est pas rare de voir des animaux venir se nourrir au plus près des habitants. Lorsqu’une gazelle meurt en laissant un petit orphelin, les Bishnoïs tentent de le faire adopter. Et si cela n’est pas possible, ils le nourrissent eux-mêmes, parfois au biberon, parfois même au sein.
Autre règle forte : partager une partie des graines avec la vie sauvage. En termes contemporains, on pourrait presque parler d’une forme d’“éco-contribution” intégrée à la vie quotidienne.
La deuxième : ne pas couper les arbres verts, et au contraire en planter. Chaque Bishnoï plante un arbre par an et partage avec lui une ressource rare, l’eau, pendant deux ans, jusqu’à ce qu’il puisse survivre seul.
Ce que les Bishnoïs ont compris il y a plus de 500 ans reste d’une actualité saisissante : on ne protège pas le vivant avec des discours, mais avec des règles, des renoncements, de la discipline et du courage.
Franck Vogel a écrit un livre passionnant à ce sujet !
Franck Vogel est un explorateur (membre de la Société des explorateurs français) qui ne se contente pas d’observer le monde. Il prend le temps de le découvrir, de l’écouter et de le raconter. Photographe, réalisateur et conférencier.
Découvrez son livre « Réveillez le Bishnoï qui est en vous – Pour réconcilier performance, humain et vivant ».
En suivant Franck Vogel dans un voyage inattendu auprès de ce peuple hors du commun, nous sommes invités à questionner en douceur nos certitudes sur la performance, le collectif et le sens que nous donnons à notre travail. Car ce livre n’est pas uniquement un récit de voyage, c’est un outil de transformation, concret et inspirant, pour celles et ceux qui dirigent, accompagnent et font vivre les organisations.
À contresens de l’innovation telle que nous l’imaginons, cet ouvrage nous ouvre vers la vraie modernité, celle qui consiste à revenir à l’essentiel.

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