Le Jane Goodall Institute France est ravi de vous présenter les lauréats 2026 du Prix du Jeune Chercheur :

1ER PRIX : MAXIME PIERRON

Docteur en écologie il a réalisé sa thèse à l’Université de Strasbourg, rattaché au Département Écologie, Physiologie et Éthologie de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien.
Ses recherches portent sur la vulnérabilité des primates brésiliens à la fièvre jaune dans le contexte des changements globaux.
La fièvre jaune est une maladie virale transmise par des moustiques. Au Brésil, elle circule dans les forêts tropicales et menace les primates non humains. L’objectif de ses recherches est d’étudier comment les changements globaux pourraient modifier les zones à risque épidémique et affecter ces primates. À l’aide de modèles spatiaux projetant l’évolution future de la distribution des primates, des moustiques vecteurs et du risque de fièvre jaune au Brésil, il a mis en évidence une forte réduction potentielle des habitats de nombreuses espèces de primates ainsi qu’une réorganisation des moustiques vecteurs. Malgré une possible légère baisse du risque de fièvre jaune au niveau national, certaines régions comme l’Amazonie et la forêt Atlantique resteraient fortement exposées. Enfin, une étude locale du tamarin-lion doré a révélé que des forêts mieux connectées peuvent aussi favoriser la propagation du virus, soulignant un dilemme entre restauration écologique et risque épidémique.

Ce travail montre que la conservation des primates, la gestion des forêts et la prévention des épidémies humaines sont étroitement liées. Inscrite dans l’approche « One Health », cette recherche fournit des outils pour mieux cibler la surveillance, la vaccination et les stratégies de conservation afin de protéger la biodiversité et les populations humaines dans un contexte de transformations environnementales rapides.

2ÈME PRIX : LÉA BARIOD

Docteure en Écologie, elle est actuellement postdoctorante au laboratoire Chrono-environnement, où elle mène des recherches en écotoxicologie de la faune sauvage sur les effets des multi-expositions aux contaminants chimiques, notamment les pesticides et les métaux traces toxiques, sur la santé des vertébrés terrestres. 

Ses travaux s’inscrivent dans une approche intégrative combinant écotoxicologie de terrain, écophysiologie et écologie microbienne afin de mieux comprendre comment les contaminants circulent dans les écosystèmes, se transfèrent dans les réseaux trophiques et affectent durablement les organismes sauvages. Elle s’intéresse particulièrement au microbiote intestinal, acteur majeur de la physiologie, de l’immunité et de la réponse aux stress environnementaux.

Pour répondre à ces questions, elle a participé à plusieurs missions de terrain dans des contextes écologiques contrastés, allant des milieux agricoles aux sites durablement contaminés par des activités industrielles. Ses recherches reposent sur différents modèles d’étude utilisés comme bioindicateurs des écosystèmes, comme le busard cendré (Circus pygargus), la perdrix grise (Perdix perdix) ou le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus), permettant d’aborder les effets des contaminants à différentes échelles des réseaux trophiques.

Face à l’intensification des pressions anthropiques sur les milieux naturels, mieux caractériser et comprendre ces effets constitue aujourd’hui une priorité, non seulement pour préserver la biodiversité, mais aussi pour mieux réfléchir sur la cohabitation entre l’Homme et le reste du vivant.

3ÈME PRIX : LOUISE ROBINET

Louise Robinet est doctorante en éthologie et écologie comportementale au Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (LAPSCO) et s’intéresse aux capacités de flexibilité comportementales des primates non humains vivant dans des environnements modifiés par l’humain. Ses travaux portent principalement sur les babouins olive (Papio anubis) vivant dans des milieux anthropisés, notamment à proximité de routes et de zones touristiques.

Ses recherches s’articulent autour de trois axes principaux. Le premier vise à comprendre dans quelle mesure les babouins modifient leur comportement face à différents niveaux d’anthropisation. Elle étudie notamment la flexibilité comportementale des individus, c’est-à-dire leur capacité à ajuster leurs activités quotidiennes, leurs déplacements ou leurs interactions sociales face aux contraintes et opportunités liées à la présence humaine. Le deuxième axe s’intéresse aux perceptions et aux relations entre humains et babouins. Souvent, les conflits entre humains et faune sauvage reposent autant sur les comportements animaux que sur la manière dont les humains perçoivent et tolèrent ces comportements. Ses travaux explorent ainsi les mécanismes de cohabitation entre sociétés humaines et faune sauvage dans des espaces partagés. Enfin, le troisième axe cherche à mieux comprendre les conséquences à moyen et long terme des environnements anthropisés sur la santé des babouins. 

À travers une approche mêlant éthologie, écologie comportementale et anthropologie, ses recherches contribuent plus largement à la compréhension des capacités d’adaptation du vivant face aux transformations rapides des écosystèmes par les activités humaines et sur les mécanismes de cohabitation entre faune sauvage et humains dans un contexte d’anthropisation croissante des milieux naturels.

La remise des Prix se tiendra à Paris, à la Maison de l’Animal Jane Goodall, le mardi 2 juin.
Si vous souhaitez assister à la cérémonie, n’hésitez pas à nous contacter : [email protected]