Dans de nombreuses régions rurales de Ouganda, aller à l’école peut devenir un véritable défi pour une jeune fille. Manque d’informations sur la santé reproductive, précarité menstruelle, infrastructures inadaptées ou pressions sociales : autant d’obstacles qui freinent leur scolarité et compromettent leur avenir.
Face à ces réalités, le Institut Jane Goodall agit concrètement à travers son Programme d’Autonomisation des Filles, avec une conviction forte : donner aux filles les moyens d’apprendre, c’est transformer durablement les communautés.
Apprendre, comprendre, s’émanciper
Entre juillet et décembre 2025, le programme a accompagné des centaines de jeunes filles dans un moment clé de leur vie.
Dans 84 écoles réparties sur neuf districts, 433 adolescentes ont participé à des formations sur la santé sexuelle et reproductive et l’hygiène menstruelle. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’elles pouvaient poser des questions librement, comprendre les changements de leur corps et apprendre à prendre soin d’elles sans gêne ni tabou.
Mais l’apprentissage ne s’est pas arrêté là.
Les jeunes participantes ont également appris à fabriquer des serviettes hygiéniques réutilisables. Un geste simple, mais déterminant : moins d’absences à l’école, plus d’autonomie et une dignité retrouvée.
« Avant la formation, je manquais souvent l’école. Aujourd’hui, je me sens en confiance et capable d’aider d’autres filles », confie l’une des élèves bénéficiaires.

Les enseignants et les parents : des alliés essentiels
Parce qu’une fille ne grandit pas seule, le programme mobilise aussi ceux qui l’entourent.
39 enseignants ont été formés pour devenir mentors scolaires, capables d’accompagner les élèves avec bienveillance et de briser les tabous liés à la puberté.
Dans les villages, 377 parents et membres de la communauté ont participé à des ateliers de sensibilisation. Peu à peu, les mentalités évoluent : l’éducation des filles n’est plus perçue comme secondaire, mais comme un investissement essentiel pour toute la communauté.
Des écoles plus sûres et plus inclusives
L’environnement scolaire joue lui aussi un rôle majeur dans la réussite des filles.
De nouvelles latrines et des systèmes de récupération d’eau de pluie ont été installés afin d’offrir des conditions d’hygiène adaptées. Ces infrastructures permettent aux élèves de poursuivre leur scolarité dans un cadre plus sûr, plus sain et plus respectueux de leurs besoins.

L’autonomie passe aussi par l’indépendance économique
Le programme ne s’adresse pas uniquement aux jeunes filles.
Des groupes de femmes ont bénéficié de formations en couture et reçu du matériel pour confectionner vêtements et protections hygiéniques réutilisables. Ces activités deviennent progressivement des sources de revenus durables, renforçant l’autonomie financière des familles.
Quand une femme gagne en indépendance, c’est tout son foyer qui devient plus résilient.
Des changements visibles, des défis à relever
Les résultats sont encourageants :
✔ Moins d’absentéisme scolaire chez les filles
✔ Davantage de confiance en soi
✔ Des communautés plus engagées pour l’égalité
✔ Des compétences concrètes pour construire un avenir meilleur
Des défis persistent néanmoins. Les fortes pluies ont retardé certains travaux d’infrastructure et la participation des hommes reste encore limitée dans certaines activités de sensibilisation.
Mais chaque progrès, même modeste, rapproche ces jeunes filles d’un avenir où leurs choix ne seront plus dictés par les obstacles.
Investir dans les filles, bâtir l’avenir
En soutenant l’éducation, la santé et l’autonomie économique des filles, le programme contribue à bâtir des communautés plus fortes et plus durables.
Car lorsqu’une fille reste à l’école, elle gagne en confiance.
Lorsqu’elle gagne en confiance, elle ose rêver.
Et lorsqu’elle ose rêver, c’est tout l’avenir qui s’éclaire.

Un immense merci aux équipes du Jane Goodall Institute Ouganda pour leur incroyable travail sur le terrain. Et plus particulièrement à James Byamukama 💚