Pour une photographie du vivant éthique et responsable.

par | Juin 2, 2022 | Sur le terrain

"Clic" ... Un son familier qui résonne plusieurs millions de fois par jour à travers le monde, et qui rassemble des passionnés, des professionnels, des curieux, des amoureux de la nature... Pourtant, aussi facile que cela puisse être, dégainer son téléphone ou son appareil photo n’est pas un geste anodin. Et si on ne fait pas attention, cela peut entraîner des conséquences désastreuses sur la faune et la flore sauvages.

Que l’on soit en voyage dans un lieu qui ne nous est pas familier, ou en week-end à proximité de chez soi, photographier un animal sauvage nécessite d’être vigilant et conscient de ses actes.

En effet, dans le meilleur des cas, le sujet de toutes les attentions est en liberté dans son environnement naturel. On voit toutefois souvent débarquer des hordes de touristes ou observateurs bruyants, tentant de s’approcher au plus près des animaux, mitraillant leurs moindres mouvements, et laissant sur place toutes sortes de traces tenaces de leur passage. Parfois même, des compagnies peu scrupuleuses vont jusqu’à appâter les animaux, afin de s’en approcher au plus près et de réaliser “LA” photo. Tous ces comportements ont néanmoins un impact non négligeable sur les animaux, les perturbant dans leur milieu naturel.

Le tourisme animalier et ses dérives

Malheureusement, afin d’assouvir les envies insatiables de certains touristes, il arrive régulièrement que les animaux soient retirés de leur habitat afin d’être l’objet des fameux “selfies de vacances” que l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux toute l’année. Tous les animaux y passent, des guépards aux lionceaux, en passant par les chimpanzés.
Ce que l’on sait moins – ou que l’on ne veut pas voir -, c’est que pour les extraire de leur milieu et faire taire leur instinct sauvage en public, ces animaux font l’objet de maltraitance, stress et blessures : on leur arrache les dents, les griffes, on les drogue pour qu’ils soient plus dociles… Et ces sévices peuvent aller jusqu’à causer leur mort. Tout ça pour un selfie. D’après l’ONG World Animal Protection, c’est ainsi plus de 110 millions de personnes qui contribuent à cette entreprise et 550 000 animaux sauvages qui seraient exploités à cette fin.

Gremlin and her son Gizmo in Gombe National Park, Tanzania

Une prise de conscience générale est donc nécessaire, indispensable, urgente.

La nécessité d’une charte photographique

Pour se faire, dès 2021, IFAW avait partagé les règles essentielles à respecter par les photographes afin de protéger l’environnement et les animaux à travers une charte de la photo animalière . L’objectif était ainsi de promouvoir une pratique de la photo animalière éthique et sans conséquence néfaste pour la vie sauvage, d’encourager les photographes à s’engager concrètement et de sensibiliser le grand public.

Le jeudi 12 mai, un collectif de photographes naturalistes professionnels, vétérinaires, avocats et institutions scientifiques ont publié une tribune dans le journal le Monde, que le Jane Goodall Institute France soutient et a signé.
Celle-ci vise également à promouvoir et sensibiliser à l’importance d’une photographie du vivant éthique et responsable. Elle a pour but de convenir d’une charte officielle du secteur des photographes professionnels animaliers, et de sensibiliser les photographes amateurs.

Pour que des règles comme ne pas prendre de selfie, être silencieux et discret, se renseigner sur les comportements des animaux, maintenir une distance, ou encore ne pas nourrir ou manipuler des animaux, deviennent naturelles et soient connues et respectées de tous.

Ces règles si élémentaires sont pourtant nécessaires, dans un monde où la disparition du vivant fait les gros titres de l’actualité et où le trafic des animaux sauvages prend chaque jour plus d’ampleur. Car continuer à ne pas les respecter, c’est encourager un peu plus cette criminalité. Il est essentiel de pratiquer la photographie de manière éthique et responsable, ainsi vous participez à la protection des animaux sauvages, afin qu’ils restent #ForeverWild

Pour aller plus loin, découvrez notre campagne de lutte contre le trafic illicite des animaux sauvages, ForEver Wild, sur le site internet du Jane Goodall Institute.

Retrouvez ici La Tribune signée par le Jane Goodall Institute France publiée dans le Journal Le Monde. Elle s’inscrit dans le prolongement de la conférence organisée par la Commission ouverte du Barreau de Paris « Animaux et Droits » présidée par Marie-Bénédicte DESVALLON

Vous aimerez lire aussi

Pour une photographie du vivant éthique et responsable.

« Clic » … Un son familier qui résonne plusieurs millions de fois par jour à travers le monde, et qui rassemble des passionnés, des professionnels, des curieux, des amoureux de la nature…
Pourtant, aussi facile que cela puisse être, dégainer son téléphone ou son appareil photo n’est pas un geste anodin. Et si on ne fait pas attention, cela peut entraîner des conséquences désastreuses sur la faune et la flore sauvages.

Burundi : protéger les chimpanzés et leurs habitats naturels avec les communautés locales

Plus de 90 % de la population burundaise dépend directement des ressources naturelles, en particulier la population rurale. Malheureusement, de nombreuses pressions et menaces directes pèsent sur les forêts, les aires protégées et la biodiversité. Ces menaces mettent le peuple Batwa qui dépend de la forêt en conflit avec les chimpanzés qui y vivent.

Le Jane Goodall Institute France soutien les actions sur le terrain en faveur des populations locales, des chimpanzés et du parc national de Kibira.
Voici pourquoi et comment !

One Health : une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires.

Le concept « One Health » ou « une seule santé » en français, est mis en avant depuis le début des années 2000, avec la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global. Il vise à promouvoir une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires.

Déjà 680 000 arbres plantés en Tanzanie !

Grâce aux équipes du Jane Goodall Institute Tanzanie, aux groupes Roots & Shoots et à notre partenaire Maison du Monde Foundation, nous sommes ravis de vous annoncer que ce sont déjà plus de 680 000 arbres qui ont été plantés en Tanzanie !

Le réveil des forces sauvages

Le Jane Goodall Institute France lance une campagne sur la protection de la faune sauvage en France et met à l’honneur 7 projets sur la plateforme participative Blue Bees pour aider ces héros du quotidien qui agissent jour après jour.

En Tanzanie, objectif 1 million d’arbres plantés par les jeunes du Programme Roots & Shoots

La Tanzanie est un pays avec une biodiversité remarquable mais malheureusement meurtri par la déforestation. Un projet Roots & Shoots en Tanzanie, soutenu par le Jane Goodall Institute France, sensibilise les plus jeunes à l’importance des forêts et a pour ambition de planter 1 million d’arbres.

La biodiversité est célébrée au Burundi avec le soutien du Jane Goodall Institute France

Dans la province de Bururi au Burundi, le 22 mai a été marqué par un grand jour en faveur de la nature locale : la Journée Internationale de la Biodiversité a réuni de nombreux acteurs actifs sur le terrain, des représentants locaux et les villageois. Les actions en faveur de la faune et de la flore locales ont été célébrées durant cet événement.

La technologie au service de la conservation : des camera traps pour soutenir la population de chimpanzés sénégalais

Grâce aux donateurs français, des « camera traps » surveillent les chimpanzés sénégalais de façon non invasive. Cette espèce étant en fort déclin, ces outils permettent une meilleure connaissance de leur comportement et des dangers qui les menacent afin d’améliorer les mesures de protection

Au Burundi, protégeons les chimpanzés et le parc national de Kibira

Le Parc national de Kibira, situé au Burundi, est une zone riche en biodiversité animale et végétale, qui abrite entre 250 et 300 chimpanzés. Au Jane Goodall Institute, nous œuvrons avec les communautés locales pour préserver cette zone importante et sacrée.

Des nouvelles de Perrine à Tchimpounga en République du congo

Perrine, petite chimpanzé orpheline à cause du braconnage, a été retrouvée entre la vie et la mort, au prix d’une longue enquête en République du Congo. Elle a été recueillie et soignée à Tchimpounga par le Jane Goodall Institute et a retrouvé la santé.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Abonnez-vous à la newsletter