One Health : une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires.

par | Avr 18, 2022 | Sur le terrain

Le concept « One Health » ou « une seule santé » en français, est mis en avant depuis le début des années 2000, avec la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global. Il vise à promouvoir une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires.

Pourquoi le Jane Goodall Institute est un acteur de la stratégie « One Health »?

L’approche scientifique du Jane Goodall Institute intègre les besoins et les menaces auxquels sont confrontés les hommes, les autres animaux et l’environnement, car ces trois éléments doivent fonctionner en harmonie pour garantir la durabilité de chacun.
L’Institut est depuis toujours partisan des approches intégrées et holistiques, adoptant dès le départ une stratégie « One Health ». La santé unique, un concept désormais bien reconnu, est essentielle au bien-être de notre monde et de la diversité de ses habitants. Cela s’est avéré particulièrement crucial pendant la pandémie de Covid-19, qui a été identifiée comme étant le résultat d’un trafic d’animaux sauvages provoquant une zoonose d’un coronavirus passant de la faune à l’Homme.
La menace des zoonoses est de plus en plus grande et de nombreux scientifiques prédisent que la prochaine grande pandémie, après la COVID 19, sera le résultat de notre déséquilibre continu avec le monde naturel, en particulier du fait que la déforestation rapproche les humains et les animaux sauvages. Le suivi des maladies qui ont le potentiel de sauter de la faune sauvage aux communautés humaines est nécessaire pour notre capacité à anticiper la transmission et à combattre ses effets.

Le Gombe One Health Hub

Le Gombe One Health Hub du Jane Goodall Institute constitue une plateforme de santé écosystémique dirigée par la communauté locale et dédiée à la surveillance et à la compréhension des débordements zoonotiques.

Le laboratoire vétérinaire de l’Institut à Gombe, en Tanzanie, surveille l’évolution des maladies et développe une capacité de détection et de réponse aux épidémies.
L’équipe du laboratoire déploie des méthodes non invasives de diagnostic, rapides, sur place, grâce au processus de réaction en chaîne par polymérase (PCR), qui permet à l’Institut de prendre uniquement un petit échantillon d’ADN pour une étude plus complète.

Jane Goodall Institute France - One Health

L’une des méthodes que nous utilisons pour obtenir des données est notre partenariat avec Microsoft sur le projet « Premonition », qui utilise des pièges robotisés pour capturer les moustiques et extraire l’ADN des échantillons de sang.
En effet, les moustiques servent de vecteurs aux agents pathogènes en se nourrissant sur différentes espèces. Les collaborateurs du laboratoire de Gombe sont ainsi en mesure de déterminer de quelles espèces ces moustiques se nourrissent et d’en étudier la charge virale potentielle.
Pour mieux comprendre, anticiper et traiter les maladies zoonotiques, le centre One Health de Gombe utilise également les technologies ArcGIS d’Esri pour compiler et analyser des bases de données éparses (cartes d’habitat de la faune sauvage, plans d’utilisation des terres par les humains, …).
Ces informations transversales sont mises à la disposition de l’équipe qui les complète grâce à la surveillance communautaire des populations locales (via des smartphones) qui prend en compte dorénavant ces protocoles One Health.
Des entretiens qualitatifs sont également menés pour identifier des personnes spécifiques et la santé de leur bétail, créer des cartes de risques de contact afin de déterminer les voies potentielles de transmission des maladies, et de communiquer les résultats aux décideurs et aux parties prenantes par le biais de cartes et de tableaux de bord faciles à comprendre.

En plus, forte de ces informations détaillées et de cette analyse éclairée, l’équipe de l’Institut sera en mesure, lors d’une épidémie, d’administrer une dose unique d’antibiotiques aux animaux sauvages par le biais d’une sarbacane. Ce traitement permettra à l’équipe d’être efficace, en diminuant le risque de propagation, de maladie et de décès.
Bien que de nombreuses infections respiratoires soient causées par des virus pour lesquels nous ne disposons pas de traitements, elles sont souvent aggravées par des infections bactériennes secondaires. Ainsi, la mise en œuvre du traitement antibiotique par sarbacane donne aux primates affectés une probabilité beaucoup plus forte de guérison, bien avant la possibilité de transmission de la maladie à l’Homme.

Pour en savoir plus sur l’approche One Health du Jane Goodall Institute :

Merci à toutes les équipes sur le terrain qui œuvrent jour après jour pour protéger les hommes, les autres animaux et la forêt, grâce à ce beau projet coordonné par Lilian Pintéa, Vice-President Conservation Science au JGI USA.

Pour en savoir plus sur les actions de terrain dirigées par Lilian Pintéa, voici un entretien de Jane Goodall et de lui, dans les HOPECAST de Jane : https://podcasts.apple.com/tt/podcast/dr-lilian-pintea-hope-is-unlocking-the-potential/id1520263700?i=1000545595211&l=fr

Si vous souhaitez soutenir notre action au Burundi, vous le pouvez en participant à notre campagne de crowdfunding.

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Merci à tous pour votre soutien !

 

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