Le sanctuaire de Tchimpounga

Construit en 1992 et situé à 50 km au Nord de Pointe-Noire, dans la région de Kouilou au Congo-Brazzaville, le Sanctuaire de Tchimpounga est situé sur une plaine côtière couverte de savane et d’une mosaïque de forêts galeries où la canopée se rejoint au-dessus de la rivière.

Outre les 26 ha du sanctuaire, une réserve de 7284 ha a été créée en mars 1999 et classée par le gouvernement de la République du Congo. Sa gestion a été confiée au Jane Goodall Institute

Un peu d’histoire

Depuis vingt ans, il constitue un véritable refuge pour les chimpanzés orphelins dont les mères ont été victimes de la chasse. Il abrite actuellement 148 chimpanzés, chiffre qui ne cesse malheureusement d’augmenter. Ce sont généralement les autorités congolaises qui amènent les bébés chimpanzés au sanctuaire, après les avoir confisqués à des chasseurs qui essayaient de les vendre comme animaux de compagnie ou attraction. Le sanctuaire est entouré d’une réserve naturelle créée en mars 1999, surveillée par des éco-gardes originaires des villages voisins dont les salaires sont financés par le Jane Goodall Institute.

En 2008, le Jane Goodall Institute a réalisé une étude de la réserve et des forêts environnantes. Suite à cette étude, l’extension de la réserve a été recommandée afin d’y inclure des zones de forêt qui constituent un habitat essentiel pour les groupes de chimpanzés sauvages présents aux abords de la réserve. L’Institut a été entendu par le gouvernement congolais, et depuis décembre 2010, la superficie de la réserve est passée de 75 à 555 km2.

Depuis 2009, l’Institut met en œuvre un programme à long terme visant, d’une part, la réintroduction de certains chimpanzés du sanctuaire dans la nature et, d’autre part, son réaménagement complet en vue d’améliorer les conditions d’accueil de ceux qui ne pourront pas être relâchés car malades ou trop vieux.

Un nouveau site réparti sur trois îles du fleuve Kouilou a été identifié, plus adapté et viable sur le long terme, sur lequel l’Institut a entrepris de transférer certains chimpanzés du sanctuaire principal.

L’aménagement de la première île, Tchindzoulou, est finalisé. Aujourd’hui une soixantaine de chimpanzés vit en semi-liberté sur l’île, dans deux grands enclos boisés. Ils pourront apprendre à chercher leur nourriture, à construire des nids et à développer les liens sociaux nécessaires à leur survie en milieu naturel et commencer à se déshabituer de l’homme.

Dans un second temps, nous avons introduit d’autres groupes de chimpanzés au coeur d’une zone protégée, qui sont les deux autres îles du fleuve : Ngombe et Tchibebe.

Le programme de réintroduction nécessite une préparation minutieuse, il faut sélectionner les individus aptes (études comportementales, examens génétiques et médicaux, etc…) et repérer un site naturel susceptible de les accueillir de manière pérenne (étude des espèces végétales présentes, des interactions possibles avec les communautés de chimpanzés sauvages, évaluation des conflits potentiels avec les villageois, etc…).

Au sanctuaire principal, nous avons achevé un «terrain de jeu de chimpanzés», une structure d’escalade qui permet aux chimpanzés de profiter de certaines des activités qu’ils pourraient apprécier s’ils étaient dans un habitat naturel. Falero, l’un des locataires les plus récents, et sa mère adoptive, Lounama, apprécient l’escalade. Ces structures offrent des heures de plaisir et de stimulation pour les individus qui ne sont pas encore prêts à vivre sur une île ou qui, en raison de problèmes de comportement ou de santé, ne peuvent quitter le sanctuaire principal.

Amélioration des conditions de vie des populations locales

L’équipe du Sanctuaire de Tchimpounga travaille également à l’amélioration des conditions de vie des populations installées aux abords de la réserve. Avec des partenaires locaux, le Jane Goodall Institute y développe un programme à long terme basé sur le principe de Conservation Centrée sur les Communautés (CCC).

La gestion des ressources naturelles par le gouvernement est souvent perçue par les communautés locales comme une politique autoritaire allant à l’encontre des droits traditionnels. Il est donc indispensable d’associer les populations locales à la gestion de ces ressources. Elles sont les gardiennes immédiates de leur environnement ! Grâce à l’approche CCC, les communautés locales deviennent enfin les défenseurs et les gestionnaires de leur environnement.

Dans cette optique, différentes activités qui touchent l’ensemble des difficultés rencontrées par ces communautés sont mises en œuvre : coordination de la gestion de la réserve avec les villages, développement de techniques d’agriculture durable, encouragement à l’obtention de diplômes reconnus en gestion de l’environnement, présentation de nouvelles activités agricoles et d’alternatives au trafic de viande de brousse, amélioration des infrastructures sociales et de leur gestion par les villageois, et beaucoup, beaucoup d’éducation.

D’ailleurs, l’Institut a également mis en place un programme pilote d’éducation à l’environnement grâce auquel des élèves de la région visitent la réserve de Tchimpounga et le sanctuaire. Principalement des enfants de villes et villages environnants âgés de 10 à 17 ans qui décrivent la visite du sanctuaire “comme une expérience extraordinaire”. La plupart y voit un chimpanzé pour la première fois de leur vie. Ce programme a pour objectif de sensibiliser les jeunes générations à la protection de leur patrimoine naturel afin d’en faire des citoyens responsables.

Nous avons besoin de votre soutien pour réussir ce projet. Il est ambitieux, mais c’est le seul moyen pour que des dizaines de chimpanzés retrouvent la forêt qu’ils n’auraient jamais dû quitter… et la seule solution à long terme pour essayer de sauver cette espèce menacée.

Le budget prévisionnel de fonctionnement du sanctuaire de Tchimpounga et des trois îles refuge pour 2018 a été estimé à environ 1.200.000 euros, dont près d’un tiers est consacré à la nourriture des chimpanzés.

La réserve de Tchimpounga

 

Un programme de recensement organisé par le ministère de l’Économie forestière de la République du Congo estime qu’entre 50 et 60 chimpanzés vivent à l’intérieur de la réserve. L’Institut Jane Goodall prévoit d’effectuer un nouveau recensement en dehors de la réserve, le long de la rivière Kouilou où une population de chimpanzés serait installée. La réserve est surveillée par des éco-gardes originaires des villages voisins, pour lutter contre le braconnage.

Le Sanctuaire de Tchimpounga travaille également à l’amélioration des conditions de vie des populations installées aux abords de la réserve et conduit une politique de lutte contre la viande de brousse (viande de singe).

Grâce au financement de l’Economic Support Fund (ESF), l’Institut Jane Goodall a développé un programme à long terme intitulé Conservation Centrée sur les Communautés (CCC). L’Institut Jane Goodall mène également des campagnes d’information et de mobilisation de protection de la biodiversité.

Le Programme CCC en détails

Grâce au financement de l’Economic Support Fund (ESF), le Jane Goodall Institute a développé un programme à long terme intitulé Conservation Centrée sur les Communautés (CCC). Le Jane Goodall Institute mène également des campagnes d’information et de mobilisation de protection de la biodiversité.

Notre programme CCC a pour objectif d’impliquer les communautés locales dans la protection de la réserve et des ressources naturelles, tout en stimulant leur propre développement économique et social. Dans cette optique, le projet combine différentes activités qui touchent l’ensemble des difficultés rencontrées par ces communautés : renforcement de la société civile et des organisations gouvernementales locales, coordination de la gestion de la réserve avec les villages, développement de techniques de gestion durable pour l’agriculture, encouragement à l’obtention de diplômes reconnus, présentation de nouvelles activités agricoles et d’alternatives au trafic de viande de brousse, amélioration des infrastructures sociales et de leur gestion par les villageois, et enfin l’éducation des plus jeunes qui sont des priorités pour le Jane Goodall Institute.

Le Jane Goodall Institute a reçu un retour très positif et très encourageant. Nous nous sommes vus proposer de soutenir les actions de développement menées par les autorités locales à tous les niveaux. Notre équipe agit sur le terrain comme un médiateur entre les différentes autorités responsables de l’éducation, de la santé, des travaux publics, de l’agriculture et de l’environnement, ainsi qu’avec les comités de villages.

Tchimpounga, combien ça coûte ?

Les chimpanzés recueillis à Tchimpounga sont souvent des bébés arrachés à leur mère qui arrivent en piteux état.

Le Jane Goodall Institute ne se contente pas de leur prodiguer les soins médicaux nécessaires pour les remettre sur pied ; lorsqu’il recueille un chimpanzé, l’Institut s’engage à en prendre soin durant sa vie entière…

Etant donné qu’un chimpanzé peut vivre jusqu’à 60 ans dans un environnement protégé tel que celui du sanctuaire, cet engagement pèse très lourd financièrement. Pour vous faire une idée des sommes investies, voici quelques exemples tirés du quotidien:

  • 500 € : c’est le prix que coûte le sauvetage d’un chimpanzé confisqué dans le nord du Congo pour lui épargner une vie de solitude, d’emprisonnement… voire pire.
  • 100 € par mois : c’est le prix de la quantité de lait en poudre nécessaire pour nourrir un bébé chimpanzé qui requiert également les soins et l’attention d’un soigneur 24h/24 et 7j/7 !
  • 5000 € par an : équivaut à la prise en charge pendant un an d’un chimpanzé relâché sur l’une des îles du fleuve Kouilou. L’Institut continue de fournir nourriture, abri et soins médicaux à tous les chimpanzés relâchés.
  • 400.000 € par an : une année d’achat de fruits et légumes frais et autres denrées destinées à nourrir les chimpanzés actuellement recueillis à Tchimpounga.

Le Jane Goodall Institute a besoin de vos dons pour protéger cette espèce en danger d’extinction.