Centre de recherche de Gombe Stream

En 2018, nous fêtons le 58ème anniversaire des recherches scientifiques initiées par le Dr Jane Goodall à Gombe en Tanzanie. Ces recherches sont gravées dans l’histoire, notamment avec la mise en lumière et la première documentation scientifique concernant la fabrication et l’utilisation d’outils par les chimpanzés, ainsi que sa proximité avec l’homme, avec lequel il partage presque 99% de son ADN. Prenant connaissance de ces découvertes Louis Leakey, célèbre anthropologue et paléontologue,  déclara alors : « Il faut désormais redéfinir l’Homme, redéfinir l’outil, ou accepter le chimpanzé comme humain. »

Le centre de recherche de Gombe Stream a été créé en 1965 avec pour objectif de continuer les recherches sur les chimpanzés initiées par le Dr Jane Goodall.

Gombe abrite le groupe de chimpanzés sauvages le plus étudié au monde. En effet, les chimpanzés de Gombe sont quotidiennement suivis par l’équipe de chercheurs tanzaniens de the Jane Goodall Institute. Les études réalisées sur place permettent de récolter des informations comme les naissances, les décès ou encore leur position géographique. Toute information pertinente qui permet de mieux comprendre les chimpanzés, leur comportement, leurs habitudes alimentaires, leurs aires de répartition, leur santé… Ces données sont d’une aide précieuse pour la science, mais également pour la mise en place de stratégies de conservation de l’espèce, ainsi que pour la formation de scientifiques tanzaniens.

Parmi quelques incroyables découvertes réalisées à Gombe, nous pouvons en citer quelques unes :

  • Les femelles chimpanzés quittent le groupe lorsqu’elles sont en âge de se reproduire.
  • Les relations mère-nourrissons sont étudiées pour déterminer l’impact qu’elles peuvent avoir sur la survie du bébé.
  • Les mâles chimpanzés rivalisent pour obtenir le pouvoir et la domination au sein du groupe.

Les études menées sur le long terme fournissent des informations précieuses sur les écosystèmes ainsi que sur la santé des espèces. Ce sont des informations primordiales pour les actions de conservation.  Le Jane Goodall Institute n’étudie pas seulement les chimpanzés mais aussi les babouins ! La recherche concernant les babouins à Gombe existe depuis 1967, initialement menée par le Dr Anthony Collins, qui y travaille toujours aujourd’hui.

Les Babouins à Gombe Stream

Le Centre de Recherche de Gombe Stream ne se limite pas seulement aux études concernant les chimpanzés ; en effet les scientifiques sur place s’intéressent aussi aux babouins.

Contrairement à l’étude des chimpanzés qui se concentre sur 84 individus, l’étude de long-terme concernant les babouins permet la récolte d’informations sur davantage d’individus : 217.

Pendant 12 mois, de janvier à décembre 2017, six groupes de babouins de Gombe Stream ont été observés.

Au cours de chaque étude, un certain nombre d’informations sont relevées : l’évolution du nombre d’individus dans le groupe, les naissances, les décès, etc. Cela a ainsi permis aux scientifiques d’observer une augmentation de la population des babouins dans deux de ces groupes. D’autres informations sont aussi récoltées sur la santé des groupes de babouins et des individus en son sein, données qui indiquent si les individus peuvent être sensibles à des malades chroniques, comme a pu particulièrement l’être un des groupes étudiés.

Mais les babouins étant l’une des espèces dominantes du Parc National de Gombe Stream, il est également important d’analyser leur relation aux chimpanzés, point majeur de ces études.Les études ont ainsi mis en avant trois liens principaux entre ces deux espèces :

  • tout d’abord, les chimpanzés sont des prédateurs pour les babouins, particulièrement pour les bébés. Des disparitions de bébés babouins ont en effet été remarquées par les chercheurs,
  • ensuite, il existe entre eux une compétition car les babouins, contrairement aux chimpanzés, peuvent digérer des fruits qui ne sont pas encore mûrs ; mais en attendant que les fruits mûrissent, les babouins ont le temps d’en consommer une grande partie, privant ainsi les chimpanzés d’une partie de leurs ressources
  • point positif, puisque les chimpanzés et les babouins mangent beaucoup des mêmes types de fruits, ils sèment des graines ; une relation coopérative qui permet à leur habitat de se renouveler et de supporter leur charge sur le long terme.

D’autres différences de comportement ont également été observées, comme le fait que les chimpanzés voyagent plus loin et sont plus dispersés, alors que les babouins sont plus nombreux et se dispersent de manière plus locale.
Le Centre de Recherche de Gombe Stream est véritablement un centre incontournable dans la recherche concernant les chimpanzés, mais aussi les babouins et leur écosystème commun !

Explorez le Parc National de Gombe en Tanzanie

et marchez dans les pas de Jane Goodall

Google vous propose aujourd’hui un voyage extraordinaire au sein d’un joyau de notre planète, et sur la terre des chimpanzés de Jane Goodall.

Observer les chimpanzés dans leur habitat naturel, c’est ce que permet désormais de faire Google Streetview, tout en étant confortablement installé chez soi.

L’équipe de Google Maps a travaillé sur ce projet en collaboration avec l’Institut Jane Goodall qui mène à cet endroit l’étude la plus longue jamais réalisée sur les chimpanzés.

Grâce à deux chercheurs qui ont arpenté les chemins de terre du parc Gombe Stream, les internautes peuvent maintenant utiliser un site Web dédié pour visiter ce Parc national, mais surtout pour découvrir le travail des chercheurs sur place et observer les chimpanzés évoluer dans leur habitat naturel, à travers de splendides clichés à 360° et un système multimédia de découvertes et visite interactive.

Lieu d’étude dirigé par le Docteur Jane Goodall depuis 1961, Gombe Stream a grandement contribué à la sauvegarde de l’espèce et à son étude au quotidien.
Les études menées par Jane Goodall sur les chimpanzés de Gombe sont entrées dans l’histoire lorsque la scientifique découvrit et mit en avant une découverte révolutionnaire : la capacité des chimpanzés à fabriquer et utiliser des outils, ce qu’on pensait jusqu’alors être exclusivement réservé à l’homme.
Rappelons à cette occasion que les chimpanzés partagent 98% de leur ADN avec les humains et  souhaitons que cette visite interactive disponible sur internet, inspire de nombreuses personnes à soutenir la préservation de ces surprenants animaux et de notre magnifique patrimoine naturel.

En juillet 2018, Gombe est nommé Réserve de Biosphère de l’UNESCO

Le programme sur l’Homme et la Biosphère de l’UNESCO est un programme scientifique intergouvernemental dont l’objectif est d’établir une base pour améliorer les relations entre l’homme et la nature dans le monde. C’est dans ce cadre-là que l’écosystème de Gombe Masito Ugalla, rendu célèbre par les recherches du Dr Jane Goodall, a été déclaré Réserve de biosphère officielle par l’Organisation des Nations Unies pour la Science et la Culture (UNESCO). L’UNESCO reconnaît ainsi les efforts menés par Gombe en matière de préservation de la biodiversité, ainsi que l’utilisation de ressources naturelles durables par les communautés locales.

« Préserver la biodiversité et la gestion des ressources naturelles dans ces écosystèmes est une condition préalable au développement durable « , a déclaré Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.

Grâce à la collaboration de 74 villages situés autour du Parc National de Gombe, les programmes du Jane Goodall Institute ont fait progresser la conservation de l’habitat et des espèces sur place. Pour y parvenir, le JGI a mené des actions de planification de l’utilisation des terres, de gestion participative des forêts, de promotion de nouveaux moyens de subsistance grâce à l’utilisation durable de ressources naturelles, d’éducation environnementale et des campagnes de sensibilisation du public.

Ce statut accorde également une importance primordiale à la science et aux savoirs traditionnels locaux, et à leur intégration dans les programmes de conservation :

« Elles [les réserves de biosphère] facilitent le partage des connaissances, favorisent l’interaction entre la science et la société et contribuent à améliorer concrètement la vie des populations locales « , Audrey Azoulay.

C’est la première reconnaissance internationale décernée à Gombe depuis son statut de Parc National accordé en 1968 par le gouvernement de Tanzanie.