Mbebo se montre pacifiste.

Quand il est arrivé au sanctuaire, il y a 5 ans, âgé d’à peine six mois, l’équipe de soigneurs l’a appelé Mbebo, qui signifie lèvres, car il avait sa lèvre inferieure qui pendait tout le temps, comme s’il réfléchissait en permanence.

mbebo-hiver-2015Curieusement, il a gardé cette habitude. C’est un jeune mâle très apprécié de son groupe car c’est un pacifiste. Il est fort, sans être un tyran. Il protège toujours ceux que les autres vont ennuyer.

Normalement le groupe de Mbebo part se balader tous les jours dans la petite forêt proche du sanctuaire. Mais durant le printemps, le groupe de Mbebo a du rester confiné dans son enclos en raison de la présence de chimpanzés sauvages proches du sanctuaire et dangereux pour les plus jeunes. L’équipe de soigneurs a du faire preuve d’imagination pour occuper tout ce petit monde. Ils ont construit de nouvelles structures d’escalades et enrichi leurs activités au sein du sanctuaire.  Ils ont installé des hamacs faits à partir de lances à incendie, créés par des bénévoles du Zoo d’Adelaïde en Australie. Mbebo aime ces hamacs et passe des heures à jouer et se reposer avec ses amis dans sa nouvelle aire de jeu.

Mbebo aime jouer avec Willy, un jeune chimpanzé arrivé l’année dernière au sanctuaire. Willy est tout jeune et petit, Mbebo aime prendre le rôle du grand frère protecteur. Bien qu’il soit parfois un peu brutal avec lui dans leur jeu, Willy rit sans cesse quand il est avec Mbebo.

Quand il s’agit de grimper aux arbres, Willy est encore trop petit pour s’attaquer aux grands arbres, ses bras ne sont pas encore assez longs. Les soigneurs ne peuvent pas s’empêcher de rire en voyant Willy crier et tendre ses bras vers Mbebo qui se balance sur une branche au dessus de lui. Quand Mbebo le voit, il descend au niveau de son ami et le soulève. Une fois l’opération terminée, ils s’embrassent comme pour célébrer une victoire. Si la branche de l’arbre est trop haute, Mbebo aide Willy avec son pied et se suspend avec les bras. Le petit attrape le pied et s’en sert pour monter sur le corps de son aîné comme sur une échelle. C’est un autre exemple d’un travail collectif pour parvenir à un but commun.

Au printemps, Mbebo a vu son ami Kauka quitter l’enclos et partir pour l’île Ngombe. Kauka est le premier de son groupe à avoir été transféré mais bientôt d’autres suivront, c’est un moment formidable pour les chimpanzés du sanctuaire.

Mbebo aime observer son amie Mokolo manger les graines de la maniguette, une plante vivace qui produit une gousse brune contenant de nombreuses petites graines au gout poivré dont les chimpanzés raffolent.

mbebo-hiver-2015-02Ce ne sont pas les seuls à les apprécier, les gorilles et les mandrills (espèce proche du babouin) en sont friands, les villageois cueillent ces fruits dans les forêts de la Reserve Naturelle de Tchimpounga et les vendent au sanctuaire. Cela aide au développement de l’économie locale.
Les soigneurs se souviennent d’un jour où Mokolo s’était gavée de la pulpe et des graines de ce fruit, elle aime tirer sur sa lèvre inferieure et observer la pâte mâchée dans sa bouche. Mbebo la scrutait attentivement et avait même examiné de plus près le contenu de sa bouche. Il quémandait un peu de nourriture et Mokolo avait généreusement partagé son repas. Il s’était alors mis à chercher de lui même ces fruits, les emmagasinant avec chacun de ses pieds, utilisant ses pouces pour porter les grappes de fruits, les coinçant également sous ses bras ou son aine. Il eut du mal à porter toute sa récolte et les fruits qui tombaient, ils les envoyaient à son amie. Les rôles furent bientôt inversés et Mokolo se retrouva à quémander les richesses de Mbebo.

Mbebo est également curieux de tout. Un jour, le nid d’un tisserand noir tomba dans l’enclos (La réserve comporte une grande diversité d’oiseaux, 306 espèces ont été répertoriées à ce jour, incluant de nouvelles espèces en République du Congo). Pendant la période de nidification, tous les arbres du sanctuaire sont recouverts de nid. Malheureusement pour ce pauvre tisserand, le travail n’ayant pas été bien fait, le nid s’était décroché après une rafale de vent.
Mbebo trouva le nid au sol. Fasciné par cet objet, il l’observa très attentivement et le considéra comme un trésor. Il essaya de le coincer sous son aine, le protégeant des autres singes du groupe qui voulaient lui voler, il le posa même sur son dos, essayant de le transporter comme un bébé chimpanzé.
Heureusement, le nid était à peine achevé et ne comportait pas d’œufs, cela servit de leçon à ce pauvre tisserand qui n’avait plus qu’à recommencer son travail en plus solide !

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