Kauka terrorisé !

Depuis le mois d’août dernier, le groupe de Kauka est confiné dans son enclos, sans possibilité de s’ébattre à l’extérieur du fait de la présence de la compagnie d’exploitation pétrolière chinoise qui fore actuellement dans l’enceinte de la réserve, à moins de 500 mètres du sanctuaire, tout près du lieu où Kauka, Mambou et leurs compagnons avaient pour habitude de jouer et de se promener chaque jour. Ce coin de forêt était un peu leur école, puisqu’ils y apprenaient à devenir des chimpanzés libres et à évoluer dans un environnement naturel.

kauka-ete-2014Les chimpanzés affectionnent le silence et la tranquillité. Leur survie dépend aussi de leur capacité à écouter et observer les autres animaux de la forêt. Ils sont donc terrorisés par le vacarme des véhicules à proximité. À cause du stress que leur cause cette exploitation, l’équipe de Tchimpounga a décidé, à contrecœur, de garder les chimpanzés à distance de leur zone de jeu.

Une solution se profile cependant : les îles du fleuve Kouilou. Depuis des années, l’Institut Jane Goodall travaille sans relâche pour offrir une solution d’hébergement mieux adaptée au nombre sans cesse croissant de chimpanzés orphelins du sanctuaire. Ce processus a consisté en l’agrandissement de la réserve par l’aménagement de trois îles sécurisées situées sur le fleuve Kouilou, ainsi qu’à la levée
des fonds nécessaires à la réalisation des plans et à la construction des bâtiments d’accueil sur ces trois îles.
En ce début d’année 2014, les membres du groupe 3 vont avoir la chance de déménager dans leur nouvelle maison sur l’île de Tchibebe. En attendant, l’équipe de l’Institut cherche à lever les fonds qui permettront de finaliser les constructions sur l’île de Ngombe afin que Kauka, Mambou et d’autres membres du groupe 4 puissent y être installés.
Les membres de l’équipe de Tchimpounga n’ont pas oublié l’arrivée au parc de Kauka, sept ans plus tôt, alors qu’il était âgé de douze mois seulement. À cette époque, il était extrêmement petit. Il pouvait à peine marcher et restait donc en permanence accroché à ses soigneurs. Kauka n’a manifestement pas de souvenir de sa vie sauvage, mais dans quelques mois, dès que sa nouvelle « école » forestière sera prête, il réapprendra à se balancer d’un arbre à l’autre. Et, cette fois, il n’aura plus à s’inquiéter d’être blessé par les braconniers ou tout autre prédateur…

Jusque là, Kauka passe son temps perché en haut de la plateforme de son enclos. De là-haut, lui et ses amis peuvent observer tout ce qu’il se passe autour d’eux tandis qu’ils s’étreignent tout le jour pour se réconforter.

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